FR: 3 mêses brasileiros

12/6/2014 – Brésil (juin-septembre 2013)
La chanson du moment: Jason Mraz – I’m Yours

Bonjour tout le monde!

Au cas où vous ne le sauriez pas encore, je suis partie l’année dernière trois mois au Brésil de fin juin à fin septembre. L’idée de partir m’est venue après avoir doublé 5me secondaire. Comme j’ai raté mon année pour très peu de points, et que ce n’était finalement pas tant un manque de compréhension que de motivation et de travail, je m’ennuyais pas mal aux cours. Un jour, je suis restée plus longtemps en classe pour parler avec mon prof de physique du fait que j’avais doublé et il m’a demandé pourquoi je ne tentais pas de partir un trimestre ou un semestre durant mon année, afin de la mettre à profit. C’est vraiment cette discussion qui a été le moteur de tout mon voyage (d’ailleurs je ne l’ai jamais remercié pour ça.. je devrais!).

Il faut savoir que ma maman est Brésilienne (assim, eu sou brasileira também!) mais qu’elle n’a jamais vraiment parlé portugais avec nous, voulant couper tout contact avec le Brésil lorsqu’elle est arrivée en Europe. Soit. C’était donc une partie de ma culture qui me manquait, de ne pas connaître la langue et surtout de ne pas (ou peu) connaître ma famille maternelle. Après discussion avec ma maman, j’ai donc décidé de partir 3 mois durant mon année scolaire à la découverte de mes racines. J’étais normalement sensée partir après janvier, tout s’arrangeait parfaitement avec ma famille pour que je m’en aille, malheureusement, j’ai un peu merdé mon examen de math en décembre. J’avais donc des points à rattraper, et ça devenait difficile d’avoir le soutien de la direction dans ces conditions. J’ai alors décidé de partir dès la fin des examens.

La période avant le départ a pour moi été une période difficile. Entre mon projet de partir et la date de départ, j’étais tombée amoureuse de ce qui est aujourd’hui mon ex. L’attente de mon départ a beaucoup altéré notre relation, ce n’était vraiment pas évident de savoir que j’allais m’en aller, que l’on allait être séparés 3 mois (d’autant plus que nous passions notre temps ensemble à l’époque étant donné qu’il était dans la même école que moi et que l’on était tout le temps l’un chez l’autre). C’était très difficile, ça a été la source de nombreuses “disputes”, et je n’avais finalement plus trop envie de partir. La deuxième chose qui a été très difficile pour moi, est le fait que Céline (ma cousine et meilleure amie) partait en juillet pour l’Australie durant un an (elle y est toujours d’ailleurs.. mon chacal si tu lis ça, je te fais un gros bisou, tu me manques énoooooormément!), et que donc je ne la reverrais pas d’ici là. En y repensant aujourd’hui, je me rends compte que je me suis un peu sentie tiraillée entre l’envie de passer du temps avec mon copain de l’époque et de profiter de mes derniers moments avec elle, le tout en même temps que le stress des examens et de nos voyages respectifs.

Après avoir dit au revoir à mon ancien amoureux de l’époque et que mes parents m’ont donc conduits à Paris Charles de Gaule, je suis donc partie le 20 juin 2013 à la rencontre d’une famille, d’une langue et d’une culture que je ne connaissais pas. Ma maman s’est retenue pendant une heure trente de ne pas pleurer (encore aujourd’hui elle ne l’admet pas, elle a sa fierté, mais si tu lis ça, je sais pertinemment bien, Fabichou, que tu te retenais de ne pas verser toutes les larmes de ton corps!) et puis je suis partie prendre mon avion toute seule, fière comme un paon, direction Rio de Janeiro. J’ai de la “chance” en ce sens que ma famille est fort dispersée dans des régions tout à fait différentes au Brésil, et j’ai donc eu l’occasion de voir pas mal de choses.

1230081_651683828198144_194943764_nSi tu as bien suivi ce que je t’ai dis jusqu’ici, je suis partie fin juin au Brésil.. En plein pendant les manifestations, donc. Comme je l’ai déjà suggéré plus haut, je ne parlais pas la langue, ma cousine était partie faire sa révolutionnaire dans les rues de Rio, et c’est donc son parrain, avec qui elle vivait à l’époque, qui est venu me chercher à l’aéroport et avec qui je suis arrivée à l’appartement. Ne parlant pas du tout portugais et ayant quelques notions de portugais, je pensais que mon bagage en anglais me permettait d’aller où je voulais sans problème.. J’avais tord, hahaha. Les premiers jours, avec le jetlag, la fatigue du voyage (et des examens!) et l’accent carioca, je ne comprenais absolument rien, ou presque. En y repensant aujourd’hui, je me rends compte que le choc culturel et que le mal du pays m’ont rongé intérieurement pendant longtemps. Ainsi, sur les 12 jours que j’ai passé à Rio, j’en ai passé 4 ou 5 à pleurer seule, dans ma chambre, je ne mangeais plus (ou presque: une tartine ou deux par jour alors que je suis une véritable amoureuse de la bouffe, c’est pour vous dire), la seule chose que je faisais était pleurer sur mon sort, à me demander ce que je foutais là, pourquoi est-ce que je m’étais lancée dans une aventure pareille, à regretter mon conformisme, mes habitudes et bien sûr, mon ex-copain. Et puis ça a fini par me passer. Lorsque j’ai réalisé que j’étais en train de gâcher mon voyage pour rien, je me suis dit qu’il était temps de faire quelque chose. Je suis donc sortie, ai pris le premier bus pour Ipanema et j’ai couru dans la mer toute habillée. Je n’avais jamais vécu un moment aussi intense auparavant. Ca a été une véritable libération, un très gros soulagement. Et puis la vie a repris son cours, j’ai été faire un peu de shopping puis je suis rentrée à l’appart. Dans les jours qui ont suivi, j’ai essayé de profiter un maximum de tout. Je suis sortie avec ma cousine, j’ai été au cinéma, me promener dans la ville, j’ai été sur la plage.. Bref, j’ai essayé de rattraper le temps perdu. Je mangeais toujours très peu, mais je profitais vraiment de la vie à Rio. J’ai d’ailleurs vécu des moments incroyables.. Comme le jour de la coupe des fédérations (pour n’en citer qu’un), lorsque le Brésil jouait, et que, marchant dans la rue, j’entendais des milliers de personnes à 360° autour de moi lorsqu’un joueur marquait.

1452532_1428223447391790_851255383_nEnsuite, je suis partie à Teresina, chez ma grand-mère. De nouveau, ça a été un moment vraiment difficile pour moi, parce qu’il n’y avait pas grand chose à faire là-bas, que je me sentais fort seule étant donné que je ne connaissais personne de mon âge et puis surtout, personne ne parlait anglais là-bas, et peu de gens comprenait mon espagnol approximatif. Il était donc frustrant pour moi de ne pas pouvoir m’exprimer et avoir des discussions avec les gens avec qui je vivais. En plus de cela, ça a commencé à devenir très difficile avec mon copain, et j’ai eu quelques problèmes de santé à cause des médicaments que je prenais contre la malaria. De manière générale, je me suis donc pas mal ennuyée à Teresina (bien que j’étais suuuuuper contente de revoir ma vovó, mamie en portugais brésilien!). A cette époque-là donc, je me suis tout de même fait grande copine avec pleinnnnn de petites filles trop adorables (c’est bête, mais c’est beaucoup plus simple de communiquer avec des enfants, ils t’apprennent plein de vocabulaire de base, ne te jugent pas et puis j’ADORE les enfants!). Bref, une semaine plus tard, mes cousines et la plus grande des sœurs de ma maman sont arrivées. C’était mieux, même si mes cousines étaient fort jeunes (13-14 ans), je pouvais enfin parler un peu avec des jeunes. Et puis surtout, ça m’a fait énormément de bien de voir Fabiola, la grande sœur de ma mère, qui lui ressemble énormément, et qui avait quelques notions de français et d’espagnol. Avec elle, mon portugais a vraiment progressé.

1010061_398656433573358_123317210_nUne fois que la famille était réunie, nous sommes partis à la mer, à Parnaiba, dans notre grande maison de vacances. C’était vraiment super chouette, j’ai rencontré pleins de petits-cousins de mon âge super sympas avec qui j’ai passé de très bons moments. Il faisait super bon (à vrai dire, un peu trop pour ma pauvre petite peau de gringa, je me suis choppé une insolation) et la mer était super chaude (entre 25 et 30°c).. Le rêve quoi! J’ai passé des moments magiques avec mes cousines au bord de l’eau, qui m’ont permis de me ressourcer et d’oublier les tracas que j’avais avec mon copain. Ensuite, nous sommes rentrés quelques jours à Teresina, puis je suis allée à Camocim, une autre ville de bord de mer.
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Camocim est vraiment un super endroit.. Peut-être même un des plus beaux où j’ai été au Brésil. Je n’en garde malheureusement pas un bon souvenir, car Camocim correspond à la période où mon copain m’a quitté. J’imagine que ça a été dur pour tous les deux, car je refusais tout simplement de lâcher l’affaire et de voir la vérité en face. Le même jour, ma tante adorée, Fabiola, s’est fait quitter par un petit blog-trotteur avec qui elle est restée 5 ans, pour exactement les mêmes raisons et dans les mêmes conditions.. (quand j’y repense, je me dis toujours que c’est tout de même incroyable, cette histoire est invraisemblable!) On s’est retrouvées dans le même état, et ça nous a vraiment rapprochées. Mais même si c’était chouette d’avoir quelqu’un avec qui en parler, ce n’était pas toujours évident parce que l’on se portait mutuellement vers le bas en nous rappelant nos propres expériences et émotions.1235342_1416120391935429_1498043459_n

Après être allées Camocim, nous sommes retournées quelques jours à Teresina, et puis il était déjà l’heure de dire au revoir à mon amour de vovó.. Comme toujours, nous avons beaucoup pleuré et puis je suis partie avec ma cousine et ma tante à Brasilia avant de prendre l’avion direction Roraima. C’est à Roraima (aka Boa Vista) que j’ai passé le plus clair de mon voyage. C’était vraiment sympa, même si la ville était assez petite. Je suis beaucoup sortie à des soirées reggae avec ma tante, avec qui je suis devenue très proche. J’ai visité pas mal de trucs et on a même passés quelques jours au Venezuela. C’est aussi à cette période-là que je me suis remise à manger.. Beaucoup, énormément, trop.. J’avais perdu approximativement 5kg après avoir été à Rio et Teresina.. Et je suis rentrée avec facilement 5 à 8 kg en plus que lorsque je suis partie.. Faites le calcul. Paradoxalement, je n’aime pas du tout la cuisine brésilienne (mais alors là pas du tout!), mais ma tante adaptait sa cuisine pour moi et donc je me suis remise à manger.
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Le voyage touchant à sa fin, j’ai de nouveau passé quelques jours à Rio avant de prendre l’avion de retour. J’ai revu ma cousine.. Qui était époustouflée par ma progression de portugais. J’étais tout de même passée de ne pas savoir parler du tout la langue locale à pouvoir tenir une conversation et comprendre tout ce que l’on disait. Personnellement, je suis loin d’être satisfaite du niveau de portugais que j’avais (et que j’ai pour le moment), mais je savais que ce n’était pas en partant 3 mois que je serais bilingue. J’ai donc comme projet de retourner au Brésil un an après mes études (et peut-être même d’y rester, mais point de précipitation!). J’ai profité à fond des derniers jours qu’il me restait, j’ai été me balader à vélo dans la ville, j’ai fait du shopping, suis sortie, j’ai été sur le Christ Rédempteur, vu un coucher de soleil en rentrant de soirée sur la plage de Copacabana, bref, je n’aurais pu rêver mieux.

1377232_1421483908065744_1509206269_nEt puis est arrivée l’heure de rentrer.. En ce qui concerne le trajet de retour, une chose est sûre: je n’aurais pas dû me cramer la gueule la nuit précédente. Je sais que l’idée peut paraître attrayante, profiter de sa dernière soirée, marquer le coup, tout ça tout ça.. Mais je ne possède pas toutes mes facultés lorsque je suis saoule. Une fois dans le taxi, je me suis rendue compte que j’avais oublié d’imprimer mon boarding pass, et que je ne savais pas à quel terminal je devais me présenter. Arrivée à l’aéroport avec mes valises énormes que je n’étais absolument pas capable de porter seule, je me suis retrouvée coincée à la douane parce que j’étais mineure et tentais de quitter le territoire sans mes parents. Mes capacités linguistiques légèrement freinées par l’alcool, j’ai eu beaucoup de peine à leur expliquer que oui, j’étais Brésilienne, mais mes parents vivent en Belgique (alcool+fatigue de la veille+stress=very very bad trip!). Une heure plus tard, lorsque j’ai ENFIN réussi à passer la frontière, et que je me suis trouvée dans l’avion, j’étais absolument incapable de parler un seul mot d’anglais (pas pratique quand on voyage avec la British Airways..) A passer trois mois à tenter de m’exprimer puis à parler portugais, mon cerveau était tout ramolli et j’ai mis beaucoup de temps avant de pouvoir reparler anglais, allemand et espagnol. Enfin bon, une fois dans l’avion avec la gueule de bois, c’était juste horrible, d’autant plus que toi-même tu sais comme les sièges sont inconfortables dans un avion.. Après 24h de trajet escales comprises, je suis enfin arrivée à Paris Charles de Gaule. Le taux d’alcool dans mon sang a dû tomber d’un coup, parce que lorsque l’avion a atterri, j’ai réalisé que mon voyage était terminé, et je me suis mise à pleurer comme un torrent! Je n’avais juste plus aucune envie de rentrer..

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Le retour a été très difficile, d’abord parce que j’ai repris mes habitudes scolaires dès que je suis rentrée, sans aucune transition (alors que je sortais presque tous les jours au Brésil), et puis ensuite parce que j’étais épuisée à cause du jetlag. J’ai mis plus d’un mois à me réadapter et j’ai carrément dû prendre des cachets tellement c’était difficile physiquement de tenir en cours. Bref. Mis à part ça, encore aujourd’hui, le Brésil me manque énormément. Bizarrement, parfois j’ai l’impression que cette expérience est comme dans un rêve.. Comme si les souvenirs qui y sont liés ne m’appartiennent pas totalement. Et pourtant, ce voyage reste encré en moi très profondément. Il a été ma première grande séparation avec tout ce que je connaissais, et aussi un moyen de me rapprocher très fort de ma maman, qui a été mon plus grand support durant tous mes moments de déprime, ainsi que de ma famille et d’une culture brésilienne méconnue jusque là. Je suis donc éternellement reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont permis de vivre cette expérience incroyable.

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5 thoughts on “FR: 3 mêses brasileiros

  1. vero says:

    Merci ma belle je voulais tant connaitre l histoire de ce fabuleux voyage vers tes autres racines; je suis tres heureuse que toi et ta maman vous soyez rapprochees enfin je vous embrasse toutes les deux a +.
    Pourrais tu raconter ton petit voyage en italie? Bisous

    • felicidalegria says:

      Coucou Vero!
      Passe un jour à la maison, je te le raconterai en direct, ce sera bien mieux!
      Je te fais plein de bisous!
      Caroline

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